Réduction des arrêts maladies : les médecins s’indignent face aux mesures du gouvernement

Le gouvernement français souhaite réaliser des économies en limitant les arrêts maladies et en incitant les médecins à en prescrire moins. Cette décision provoque l’indignation des médecins et des oppositions politiques qui dénoncent une « brutalité » du gouvernement.

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Explosion des arrêts maladies

Les arrêts maladies ont augmenté de 7,9% en un an, et de 30% en 10 ans, représentant un coût de 16 milliards d’euros par an pour la Sécurité sociale. Selon le gouvernement, si cette tendance se poursuit, les indemnités journalières coûteront 23 milliards d’euros par an en 2027. Le CtIP, qui regroupe les institutions de prévoyance, indique une augmentation de 30% des arrêts indemnisés par ses membres entre 2019 et 2022.

Contrôles supplémentaires

Face à cette situation, l’Assurance maladie a lancé une campagne pour contrôler les médecins qui prescrivent le plus d’arrêts. Après avoir identifié 6 000 médecins comme de gros prescripteurs d’arrêts maladie, la Cnam en vise maintenant 1 000 qui doivent s’engager à limiter les arrêts maladie s’ils ne veulent pas risquer de pénalités financières.

Indignation des médecins et de l’opposition

Les médecins voient d’un mauvais œil la limitation des arrêts de travail et dénoncent un « scandale » et une « maltraitance vis-à-vis des médecins de famille ». Les oppositions politiques critiquent également les choix « comptables » du gouvernement, parlant d' »une énième brutalité et maltraitance sociale, inacceptable ».

Causes de la hausse des arrêts maladies

Les médecins estiment que l’évolution du marché du travail et la baisse du chômage expliquent cette tendance, ainsi que la hausse des pathologies psychologiques, comme le burn-out ou la dépression post-Covid. Parmi les profils d’arrêts de travail, les femmes, les cadres et les salariés aidants sont de plus en plus fréquents. La présidente du syndicat de médecins MG France, Agnès Giannotti, pointe du doigt les plateformes de téléconsultation comme responsables des dérives sur les indemnités journalières.

Luc Duquesnel, président de la branche « généralistes » de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF), appelle ses confrères à refuser « cette mise sous objectif » et les incite également à réclamer une validation par le médecin conseil de chaque arrêt prescrit. Agnès Giannotti demande plus de contrôles pour les plateformes de téléconsultation.

Notre avis

Nous pensons que la décision du gouvernement d’inciter les médecins à limiter les arrêts maladies risque de nuire à la qualité des soins apportés aux patients et d’entamer la confiance entre les praticiens et leur patientèle. Il est important de prendre en compte l’évolution du monde du travail et les problématiques spécifiques liées au stress, au burn-out et aux pathologies psychologiques, qui pourraient expliquer l’augmentation constatée des arrêts maladies.

Il est également crucial de se pencher sur les plateformes de téléconsultation, qui semblent être une source importante de dérives en matière d’indemnités journalières. L’État doit prendre en compte ces problématiques et agir en conséquence pour réguler ces plateformes, tout en préservant la qualité des soins et le lien entre les médecins et leurs patients.

Enfin, nous considérons que la mise en œuvre de contrôles plus stricts sur les médecins ne doit pas être perçue comme une menace, mais comme une mesure visant à garantir la qualité des soins et la pérennité des prestations de la Sécurité sociale.

À retenir : Réduction des arrêts maladies et indignation

  • 📈 Explosion des arrêts maladies (+30% en 10 ans) et coût pour la Sécurité sociale.
  • 🎯 Contrôles supplémentaires des médecins gros prescripteurs d’arrêts maladie.
  • 😠 Indignation des médecins et de l’opposition face à la décision du gouvernement.
  • 🏥 Enjeux liés à l’évolution du marché du travail et aux pathologies psychologiques.
  • 📲 Plateformes de téléconsultation pointées du doigt pour les dérives.

Conclusion

La réduction des arrêts maladies suscite l’indignation des médecins et des oppositions politiques, qui estiment que la décision du gouvernement pourrait nuire à la qualité des soins apportés aux patients. L’évolution du monde du travail et les problématiques psychologiques sont des facteurs à prendre en compte pour expliquer l’augmentation des arrêts maladies. Les plateformes de téléconsultation sont également pointées du doigt comme une source importante de dérives en matière d’indemnités journalières. Il est essentiel d’adopter une approche globale et bienveillante pour aborder ces questions et garantir la qualité des soins et le lien entre les médecins et leurs patients.