GNL : quand la santé publique est sacrifiée sur l’autel de l’énergie

coup eoliennes sous ciel nuageux

Les habitants de Port Arthur, Texas, subissent de plein fouet les conséquences sanitaires de l’industrie du gaz naturel liquéfié (GNL). L’activiste John Beard dénonce cette situation et les dégâts environnementaux causés par cette industrie en pleine expansion.

Une région sacrifiée pour l’énergie

John Beard, fondateur de Port Arthur Community Action Network, décrit les conditions de vie déplorables des habitants de Port Arthur, une ville située près de la plus grande raffinerie des États-Unis. Le benzène émis par l’industrie est présent dans l’air à des niveaux trois à six fois supérieurs au maximum fixé par l’EPA (Agence de protection de l’environnement des États-Unis). La population locale souffre d’un taux de cancer deux fois supérieur à la moyenne nationale.

“Si vous voulez savoir ce qu’est le racisme environnemental, l’injustice environnementale, venez à Port Arthur.” – John Beard

L’impact sur la santé publique

Les maladies liées à l’exposition aux polluants émis par l’industrie pétrochimique touchent de nombreux habitants de la région. En plus des cancers, les taux de mortalité liés aux maladies cardiaques, pulmonaires et rénales sont également élevés. Beaucoup de ces personnes n’ont pas d’assurance et n’ont qu’un accès limité aux soins médicaux.

Le “freedom gas” américain, un leurre

John Beard critique l’usage du terme “freedom gas” pour qualifier le GNL américain. Selon lui, cette liberté a un prix, payé par les habitants de l’ouest du Texas et les peuples indigènes dont les terres sont polluées par l’extraction du gaz.

“La véritable liberté sera de ne plus dépendre du tout des combustibles fossiles.” – John Beard

Des emplois bien rémunérés, mais peu accessibles aux locaux

Malgré les emplois bien rémunérés offerts par l’industrie pétrochimique, les taux de pauvreté et de chômage restent élevés à Port Arthur. La population de la ville est majoritairement noire et latino, tandis que les travailleurs de l’industrie proviennent majoritairement de l’extérieur de la région et sont blancs.

Le développement de l’industrie du GNL, bien qu’il apporte des opportunités économiques, est donc loin de profiter à tous et exacerbe les inégalités environnementales et sociales dans des régions déjà fragilisées.